Quelques espèces tinctoriales historiques

 

La Gaude ou Reseda luteola L. qui a été la principale source de jaune solide au Moyen Age. La gaude fit l'objet d'une culture intensive jusqu'à la fin du XIXe Siècle.
La lutéoline, principale molécule colorante des extraits de Reseda appartient à la famille des flavonoïdes. On la trouve généralement sous forme de glycosides, c'est à dire liée à des sucres.
Pour la teinture, ce colorant nécessite un mordançage des fibres cellulosiques et protéiques par exemple à l'alun.

Le Pastel ou Isatis tinctoria L. dont les feuilles contiennent des précurseurs de l'indigo. La fermentation du pastel était une science gardée jalousement qui permettait d'obtenir le bleu d'indigo.
On connaît l'utilisation du bleu de pastel depuis les Celtes. Au Moyen Age, l'indigo de pastel est sans nul doute le pigment le plus utilisé en Europe. Il fit la richesse de la région de Toulouse et d'Albi. Ce colorant de cuve est toujours en usage, bien qu'il soit désormais majoritairement produit par voie chimique. La société Bleu de Pastel de Lectoure a relancé sa production depuis quelques années.

La Garance des teinturiers ou Rubia tinctorum L. était la principale source de rouge pour les teinturiers au Moyen Age en Europe. Ce n'est qu'au XVIème Siècle qu'on commença à la cultiver à grande échelle. La principale molécule colorante de la garance est l'alizarine. On recense également plus d'une vingtaine d'autres molécules de la famille des anthraquinones, pricipalement sous forme de glycoside, qui donnent toutes les nuances de rouge plus ou moins teintées de jaune ou de brun qui font la richesse des tons de la garance.
Comme pour la gaude, ce colorant nécessite un mordançage des fibres cellulosiques et protéiques par exemple à l'alun.